Un grossiste en plantes médicinales peut vous vendre la plupart des plantes sèches, car la vente en gros est libre. Ce qui est encadré, c'est la revente au public : hors pharmacie, vous pouvez vendre les 148 plantes « libérées » par le Code de la santé publique dans la forme prévue, des tisanes vendues comme aliments et des compléments alimentaires déclarés, toujours sans allégation thérapeutique. Fixez donc le statut de chaque produit avant de choisir le fournisseur.
Ce guide vise boutiques vrac, épiceries bio, marques de tisanes, thérapeutes et vendeurs en ligne.
Qui a le droit de vendre des plantes médicinales ?
En France, la vente au public des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée est réservée aux pharmaciens, sauf dérogation. La principale dérogation est une liste de 148 plantes que tout commerçant peut vendre, dans la forme que cette liste précise.
- Le monopole : l'article L4211-1 du Code de la santé publique réserve aux pharmaciens « la vente des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée sous réserve des dérogations établies par décret ». Le même article rend libres la fabrication et la vente en gros des drogues simples, tant qu'elles ne sont jamais délivrées directement au consommateur pour un usage pharmaceutique. Un grossiste peut donc proposer plus de plantes que vous ne pouvez en revendre.
- Les plantes libérées : l'article D4211-11, issu du décret n° 2008-841 du 22 août 2008, énumère 148 plantes ou parties de plantes vendables par des non-pharmaciens, avec pour chacune la partie et la forme autorisées : en l'état, en poudre ou en extrait sec aqueux. Une plante libérée seulement « en l'état » ne l'est pas en poudre ni en gélules.
- La Pharmacopée : l'ANSM publie la liste A et la liste B des plantes médicinales (version du 5 janvier 2026). La liste A regroupe les plantes utilisées traditionnellement, la liste B celles dont les effets indésirables potentiels dépassent le bénéfice attendu. C'est là que vous vérifiez si une plante entre dans le monopole.
Les huiles essentielles suivent une règle à part (certaines sont réservées aux pharmaciens), et les eaux florales ou macérats pour la peau relèvent du droit des cosmétiques, détaillé dans notre guide grossiste cosmétique pour revendeur.
Plante libérée, monopole, complément ou tisane : quel statut ?
Chaque produit entre dans l'un de quatre statuts, qui fixe qui peut le vendre et comment l'étiqueter. Une même plante peut changer de statut selon la partie, la forme et la présentation.
| Statut | Forme typique | Vente au public | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Plante libérée (D4211-11) | Plante sèche, poudre ou extrait si la liste le prévoit | Tout commerçant | Seulement la partie et la forme listées |
| Plante de la Pharmacopée non libérée | Plante des listes A ou B absente des 148 | Pharmacien | Achat en gros possible, revente au détail interdite hors pharmacie |
| Complément alimentaire | Gélules, comprimés, ampoules dosés | Tout commerçant, produit déclaré | Plantes et conditions de l'arrêté du 24 juin 2014 |
| Tisane ou herbe vendue comme aliment | Infusion, aromate, mélange gourmand | Tout commerçant | Étiquetage alimentaire, aucune visée de santé |
Le complément alimentaire est, selon le décret n° 2006-352 du 20 mars 2006, une denrée « dont le but est de compléter le régime alimentaire normal », vendue en doses. Avant la première mise sur le marché, le responsable en informe le ministre chargé de l'agriculture avec le modèle d'étiquette (article 15, modifié en 2023), sur la téléprocédure Compl'Alim. Les plantes utilisables et leurs conditions d'emploi figurent dans l'arrêté du 24 juin 2014, qui impose aussi l'identification par le nom scientifique complet. L'article D4211-12 permet de vendre hors pharmacie les compléments contenant des plantes de la Pharmacopée ainsi autorisées, sauf exceptions qu'il prévoit.
Les mélanges : l'article D4211-11 libère chaque plante isolément et ne dit rien des mélanges. Vendre une plante comme aliment ne suffit pas, à soi seul, à la sortir du monopole : vérifiez d'abord le statut de chaque plante de la recette. Présentée avec une finalité de santé, une tisane composée risque d'être requalifiée en médicament. Faites relire recettes et étiquettes par la direction départementale de la protection des populations ou par un juriste.
Ce que vous pouvez écrire sur l'étiquette et en ligne
Hors pharmacie, aucune plante, tisane ou gélule ne peut être présentée comme prévenant, traitant ou guérissant une maladie. Pour les plantes, la plupart des allégations de santé restent en attente d'évaluation européenne.
- Allégations thérapeutiques : l'article 8 du décret 2006-352 interdit d'attribuer à un complément « des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d'une maladie humaine ». La même interdiction vaut pour toutes les denrées, donc pour les tisanes.
- Allégations de santé : le règlement (CE) n° 1924/2006 n'autorise que celles de la liste européenne. Celles qui portent sur les plantes ont été mises en attente par la Commission : elles ne s'emploient que dans le cadre transitoire du règlement, sous la responsabilité de l'opérateur, jamais sous forme thérapeutique.
- Requalification : un produit présenté comme ayant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines est un médicament « par présentation » (article L5111-1 du même code). Vendu hors pharmacie, il expose à des poursuites pour exercice illégal de la pharmacie.
Nom, visuels, fiche en ligne et conseil au comptoir comptent. Restez factuel : nom botanique, partie, origine, culture, préparation, goût.
Peut-on ouvrir une herboristerie en France en 2026 ?
Oui, comme commerce : une boutique peut vendre les plantes libérées, des tisanes, des aromates et des compléments déclarés. En revanche, il n'existe pas de diplôme d'État d'herboriste, et les plantes réservées aux pharmaciens restent interdites à la vente.
Le diplôme d'herboriste a été supprimé en 1941. En septembre 2018, la mission d'information du Sénat sur l'herboristerie a rendu 39 propositions, dont le réexamen de la liste des 148 plantes, sans trancher la reconnaissance du métier. En décembre 2025, une question écrite à l'Assemblée nationale demandait encore la création de ce diplôme ; la réponse n'était pas publiée au 31 octobre 2026.
Un thérapeute qui vend des plantes le fait comme commerçant, avec les mêmes limites. Pour le statut et la TVA, voyez notre guide acheter en gros pour revendre : statut, TVA et marge.
Où acheter des plantes médicinales en gros ?
Les plantes sèches en gros viennent de cinq types de fournisseurs : producteurs, coopératives, négociants-importateurs, façonniers de tisanes et grossistes vrac pour magasins. Le choix dépend de votre volume et de l'usage.
| Fournisseur | Pour qui | Point fort | À vérifier |
|---|---|---|---|
| Producteurs et cueilleurs français | Boutique, marque locale | Origine précise, petites séries | Volumes, régularité, analyses |
| Coopératives de producteurs | Marque de tisanes, épicerie | Volumes réguliers, origine France | Calendrier de récolte, minimum de commande |
| Négociants et importateurs | Boutique vrac, vente en ligne | Large catalogue, plantes lointaines | Origine, certificats, statut de chaque plante |
| Façonniers de tisanes | Marque propre | Coupe, mélanges, sachets, marque blanche | Qui répond de l'étiquette |
| Grossistes vrac pour magasins | Épicerie, boutique zéro déchet | Petits formats, livraison groupée | Date de durabilité, rotation |
Au kilo ou au sac ? Les formats vont du sachet d'un kilo au sac de plusieurs dizaines de kilos. Le prix au kilo baisse avec le format, mais une plante sèche perd son arôme : n'achetez que ce que vous écoulerez avant la date de durabilité.
Origine France ou pharmacopées étrangères ? Les plantes ayurvédiques ou chinoises passent surtout par les importateurs, et leur origine ne change rien au droit français : inscrite sur la liste A ou B sans figurer parmi les 148, une plante vendue comme plante reste réservée aux pharmaciens. Une plante peu consommée dans l'Union avant le 15 mai 1997 peut aussi relever du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments, qui impose une autorisation préalable.
Marque blanche : un façonnier peut couper, mélanger et ensacher à votre marque. Dès que votre nom figure sur l'emballage, l'étiquette vous engage : fixez par écrit qui fournit les analyses, qui rédige et qui relit.
Sur dgrossiste.com, les catégories Botanie et plantes, Bio et écologie et Diététique regroupent des annonces de grossistes et d'importateurs ; ajoutez la recherche et l'annuaire des fournisseurs. Vous contactez le vendeur directement, sans paiement intégré, et le contrôle vous revient : voyez le guide vérifier un grossiste.
Qualité, traçabilité et bio : les documents à exiger
Un lot de plantes sèches se juge sur papier avant de se juger à l'odeur : nom scientifique, partie de plante, origine, numéro de lot et bulletin d'analyse. Pour le bio, le certificat en cours de validité du fournisseur est indispensable.
- Identification : nom latin complet, partie utilisée, pays de récolte, plante cultivée ou cueillie.
- Bulletin d'analyse du lot livré : identité botanique, humidité, corps étrangers, résidus de pesticides, métaux lourds, qualité microbiologique, et pour les infusions les alcaloïdes pyrrolizidiniques, soumis à des teneurs maximales européennes.
- Dates : récolte ou conditionnement, et date de durabilité minimale.
- Bio : le règlement (UE) 2018/848 exige un certificat délivré par un organisme certificateur ; vérifiez qu'il couvre le produit et qu'il est valide à la livraison.
Côté revendeur, toute activité bio se notifie en principe à l'Agence Bio et se fait contrôler. Un magasin qui ne vend que des produits bio préemballés au consommateur en est dispensé ; la vente en vrac au consommateur final est dispensée de certification, mais pas de notification, sous un seuil de chiffre d'affaires annuel fixé par la France, comme l'explique la note de l'INAO sur la distribution de produits bio. Au-delà, vous devez être certifié ; si vous reconditionnez des plantes bio à votre marque, vous devenez préparateur, certifié quel que soit votre chiffre d'affaires. Pour le stockage et la vente de denrées, voyez aussi notre guide grossiste alimentaire pour épicerie.
Avant de commander : les erreurs fréquentes
- Acheter avant de vérifier le statut : contrôlez chaque plante sur la liste D4211-11 et sur les listes A et B, avec la partie et la forme exactes.
- Croire qu'une plante libérée l'est sous toutes ses formes : poudre et extrait ne sont permis que si la liste les mentionne.
- Reprendre le discours du fournisseur : une fiche destinée aux professionnels ne vaut pas étiquette pour le public.
- Commander sans bulletin d'analyse du lot livré.
- Vendre en bio sans être en règle : notification, certificat du fournisseur, votre certification si vous reconditionnez.
- Surstocker : un gros sac moins cher au kilo coûte plus cher s'il finit périmé.
- Calculer la marge au kilo : ajoutez transport, sachets, étiquettes, temps de pesée, analyses, certification et pertes, puis appliquez votre coefficient avec notre guide calcul de marge du revendeur.
Questions fréquentes
Qui a le droit de vendre des plantes médicinales ?
Le pharmacien pour toutes les plantes de la Pharmacopée. Tout commerçant pour les 148 plantes libérées par l'article D4211-11 dans la forme prévue, les tisanes vendues comme aliments et les compléments déclarés, sans allégation thérapeutique.
Faut-il un diplôme pour vendre des tisanes ?
Non. Aucun diplôme n'est exigé pour vendre des plantes libérées ou des tisanes, et le diplôme d'État d'herboriste n'existe plus depuis 1941. Un diplôme privé ne donne aucun droit sur les plantes réservées aux pharmaciens.
Quelle est la rentabilité des plantes médicinales ?
Elle dépend surtout des pertes, du conditionnement et de la rotation, plus que du prix au kilo : calculez un coût de revient complet.
Peut-on vendre des mélanges de plantes à sa marque ?
Oui, comme aliment ou comme complément déclaré, avec des plantes vendables hors pharmacie et une étiquette sans visée de santé. Votre nom sur l'emballage vous rend responsable de l'étiquette.
Faut-il être certifié bio pour vendre des plantes bio en vrac ?
En principe oui. La vente en vrac au consommateur final est dispensée de certification sous un seuil de chiffre d'affaires, mais reste à notifier à l'Agence Bio ; la dispense ne joue jamais si vous reconditionnez sous votre marque.
Quel est le meilleur site pour acheter des plantes en gros ?
Il n'y en a pas un seul : comparez plusieurs fournisseurs sur les documents, le format et la régularité.
Peut-on revendre des plantes ayurvédiques ou chinoises ?
Seulement si leur statut le permet en France : hors des 148, une plante de la Pharmacopée vendue comme plante reste réservée aux pharmaciens, et une plante sans historique de consommation dans l'Union peut exiger une autorisation de nouvel aliment.